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Revue scientifique · Chemical Geology · Volume 707

Tracing arsenic and antimony in mining-impacted environments: New insights from antimony isotopes

As · Sb Isotopes stables Traçage géochimique Environnements miniers 2026
Résumé graphique de la revue sur l'utilisation des isotopes de l'antimoine pour tracer l'arsenic dans les environnements miniers
Synthèse du potentiel des isotopes stables de l’antimoine comme traceurs des sources et des processus contrôlant l’arsenic dans les environnements affectés par les activités minières.
Points clés

Ce que montre la revue

L’arsenic ne possède qu’un seul isotope stable et ne peut donc pas être directement suivi par les méthodes classiques de traçage isotopique stable.
L’antimoine partage de nombreuses caractéristiques géochimiques avec l’As et possède deux isotopes stables, 121Sb et 123Sb, ce qui en fait un proxy potentiel.
Les isotopes du Sb sont particulièrement prometteurs pour différencier des sources et suivre certains processus communs aux deux éléments, notamment l’altération et la lixiviation des minerais.
Leur utilisation comme proxy n’est cependant pas universelle : les différences de cinétique redox et d’adsorption entre As et Sb rendent l’interprétation fortement dépendante des conditions propres au site.
Résumé

Utiliser les isotopes du Sb pour mieux tracer l’As

La contamination par l’arsenic constitue un problème fréquent dans les environnements miniers. Les mesures de concentration permettent de quantifier la contamination mais apportent peu d’informations sur son origine, tandis que la spéciation renseigne sur certaines conditions géochimiques sans nécessairement identifier les processus responsables du transport.

Contrairement à de nombreux contaminants métalliques, l’As ne possède qu’un seul isotope stable. Il ne peut donc pas être utilisé directement comme traceur isotopique stable. L’antimoine constitue une piste particulièrement intéressante car As et Sb appartiennent au même groupe du tableau périodique, présentent des états d’oxydation comparables et coexistent fréquemment dans les minerais, les déchets miniers et les eaux contaminées.

Le Sb possède deux isotopes stables relativement abondants : 121Sb, représentant environ 57 % du Sb naturel, et 123Sb, représentant environ 43 %. Les progrès analytiques réalisés depuis 2020 ont permis de multiplier les études consacrées au fractionnement isotopique du Sb dans les minerais, les eaux, les sols et les sédiments.

Cette revue rassemble les connaissances disponibles sur les principaux processus affectant simultanément As et Sb : formation des minerais, altération et dissolution, réactions d’oxydoréduction, adsorption sur les surfaces minérales et volatilisation. Elle examine ensuite dans quelles conditions les variations isotopiques du Sb peuvent fournir une information pertinente sur les sources et la mobilité de l’As.

Résultat principal

Les isotopes du Sb constituent un proxy prometteur pour tracer les sources d’As et certains processus comme l’altération et la lixiviation. Leur capacité à représenter fidèlement le comportement de l’arsenic diminue cependant lorsque les deux éléments réagissent différemment, notamment lors des transformations redox et de l’adsorption. Leur interprétation doit donc rester spécifique au site et au processus étudié.

Évaluation des processus

Où les isotopes du Sb peuvent-ils servir de proxy pour l’As ?

La revue montre que le potentiel du proxy Sb–As varie fortement selon le processus géochimique. Certaines transformations affectent les deux éléments de manière suffisamment comparable pour permettre une interprétation commune, tandis que d’autres entraînent une forte divergence de comportement.

Sources minérales Potentiel élevé

Les minerais contenant As et Sb coexistent fréquemment. Des signatures isotopiques distinctes du Sb peuvent donc aider à différencier plusieurs sources minérales, déchets ou zones minières.

Altération · lixiviation Prometteur

Les eaux de drainage sont souvent enrichies en 123Sb par rapport aux solides sources. Des fractionnements Δ123Sbaqueux–solide allant jusqu’à environ +0,5 ‰ ont été rapportés.

Oxydation Dépend du mécanisme

L’oxydation biotique et l’oxydation abiotique peuvent générer des fractionnements isotopiques de directions opposées. Cette différence peut être informative mais nécessite une identification préalable du mécanisme dominant.

Adsorption Fortement conditionnel

As(V) et Sb(V) ont souvent des comportements similaires en milieu oxydant. En conditions réductrices, Sb(III) est généralement beaucoup plus fortement retenu que As(III), limitant fortement l’utilisation du Sb comme proxy.

Modèle conceptuel

Une lecture intégrée des sources, du transport et des transformations

Le modèle conceptuel synthétise les principaux processus contrôlant le devenir de l’As et du Sb dans les environnements miniers et les fractionnements isotopiques du Sb qui leur sont associés. Il permet de distinguer les situations où les deux éléments évoluent de manière comparable de celles où leur comportement diverge et où le Sb devient un proxy moins fiable pour l’arsenic.

Modèle conceptuel des processus géochimiques affectant l'arsenic et l'antimoine dans les environnements miniers et des fractionnements isotopiques du Sb associés
Processus contrôlant As et Sb dans un environnement minier Le modèle relie les minerais, l’altération et la dissolution, les transformations redox, l’adsorption sur les oxydes de Fe, Al et Mn ainsi que la formation de phases secondaires. Les processus pour lesquels As et Sb présentent des comportements similaires constituent les situations les plus favorables à l’utilisation des isotopes du Sb comme proxy de l’As.
Signification environnementale

Pourquoi cela compte pour le traçage des contaminations minières complexes

Dans un site minier où plusieurs minerais, déchets, eaux de drainage et dépôts atmosphériques contribuent simultanément à la contamination, la concentration en arsenic ne permet pas à elle seule de distinguer les sources ni de reconstruire les processus responsables de son transport. Les isotopes du Sb apportent une information indépendante susceptible de compléter les concentrations, la spéciation et la minéralogie. Leur intérêt est particulièrement fort lorsque As et Sb partagent une origine ou un processus géochimique commun. La revue souligne toutefois que cette approche ne doit pas être appliquée comme un proxy universel : elle nécessite une caractérisation représentative des sources, des matrices environnementales et des conditions géochimiques propres à chaque site.

Publication

Référence scientifique

Citation

Ferrari, C., White, K.B., Ptacek, C.J., Blowes, D.W. (2026). Tracing arsenic and antimony in mining-impacted environments: New insights from antimony isotopes. Chemical Geology, 707, 123271.

DOI : 10.1016/j.chemgeo.2026.123271
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